ALBANIE

L' Albanie est un pays montagneux longeant la mer adriatique dont la superficie est équivalente à la Bretagne. Par con-tre, sa population de 2,5 millions d'habitants, concentrée dans la région de Tirana, sa capitale, est bien moins impor-tante. Ce qui fait que la nature y a largement sa part sur ce terrain très montagneux, malgré que ce pays soit en voie de développement, avec un des niveaux de vie parmi les plus bas d'Europe (38ème sur 42), mais un taux de croissance de 6%. C'est donc un pays à découvrir maintenant, d'autant que s'y développe une industrie de tourisme de masse qui dé-nature totalement l'environnement heureusement limité jusqu'alors au bord de mer. Mais il faut se dépêcher ou ve-nir hors saison comme nous. On trouve encore des appartements, voire des villas pour moins de 50€ la nuit sur airbnb ou Booking et on mange très bien pour 20€ à deux; 10€ de plus si on boit du vin. En plus, nous avons toujours été bien reçus que ce soit dans les logements, au restaurant ou dans la rue malgré souvent la barrière de la langue.

L' Albanie nécessite bien d'y rester 2 semaines si l'on veut profiter de tous les endroits à visiter. Nous sommes partis 17 jours du 10 au 27 Avril; 12 jours en Albanie et 5 jours au Montenegro, ce qui correspond à peu près au voyage que nous avions prévu de faire 2 ans auparavant, que nous n'avions pu réaliser à cause d'un problème de validité d'un pas-seport. Nous sommes ici en Europe, mais pas totalement car les règles ne sont pas tout à fait les mêmes; téléphoner gratuitement d'Albanie avec notre carte sim est également impossible et il faut un document d'identité valable 3 mois après l'entrée dans le pays. Quand c'est possible, nous préférons voyager avec Transavia et dans les deux cas, ça peut être plus intéressant de faire un aller pour Tirana et revenir par le Montenegro où il y a deux aéroports internationaux Tyvat près de Kotor que nous avions choisi la première fois, et Podgorica la capitale du Montenegro, la deuxième fois. De plus, nous avons pu louer pour environ 300€ avec Rent from locals une voiture à Tirana que nous avons pu rendre à

Podgorica. Comme son nom l'indique, ce sont des véhicules de particuliers souvent très arrangeants et beaucoup moins chers qu'en agences internationales. Le nô-tre était assez agé mais en suffisamment bon état pour faire le job. Le seul problème qu'on ait eu avec, c'est qu'il ne fermait pas automatiquement les portières et n'éteignait pas les lumières lorsqu'on s'éloignait du véhicule avec la clé. D'où le désagrément le lendemain de notre arrivée de constater que la batterie était déchar-gée. Heureusement quelques heures plus tard, le patron de l'entreprise de location est venu nous dépanner.

Notre voyage a donc commencé sous un mauvais signe mais cela nous a permis de constater les efforts que font les al-banais pour contenter les visiteurs étrangers dans les régions où le tourisme de masse ne les a pas encore dénaturés. En tout cas, c'est l'impression que nous eûmes et qui ne se démentit pas par la suite lorsqu'un albanais nous trouva des cables, qui malheureusement ne fonctionnaient pas puis passa plusieurs heures avec nous à nous raconter sa vie, nous parler du bechtachisme, sa religion (nous y reviendrons par la suite), et guida le patron de l'entreprise de location jus-qu'à notre voiture.

Avouons le cependant, Tirana n'est pas la ville que nous avons préféré, même si la rue où nous étions garés revêtait un aspect pour le moins folklorique, avec ses paysans descendus de leur campagne au petit matin pour vendre leur maigre production. Mais l'énorme embouteillage auquel nous avons dû faire face la veille au soir en sortant de l'aéroport et ces immeubles aux façades tristes et sales ne nous ont pas incités à y séjourner plus longtemps. Difficile de suivre quand la population d'une ville est multipliée par 50 en un siècle.

Une fois la batterie rechargée et après un bon repas, nous voici donc partis pour Berat, notre première étape, où nous passerons 3 nuits, le temps de visiter la ville et ses environs. Sans être exceptionnelles, les routes sont plutôt correctes mais certains albanais semblent se croire sur un circuit de vitesse. Tout le long de la route, nous sommes accompagnés de sommets enneigés. A Elbasan, nous dépassons une immense verrue rouillée qui s'avère être un ancien complexe sidérurgique construit dans les années 60 par les chinois dans les années qui employa 12 000 ouvriers jusqu'à la rupture avec la Chine en 1978.

Berat , la ville aux 1 000 fenêtres, entourée de montagnes et coupée en 2 par une paisible rivière, l'Osum, a su mettre en valeur son riche passé. D'un côté le vieux quartier ottoman, de l'autre la ville moderne surmontée par une citadelle du XIIème siècle toujours habitée qui abrite le très beau musée Onufri du nom d'un célèbre peintre albanais d'un célèbre peintre albanais XVIème siècle, riche de plusieurs centaine d'oeuvres de style byzantin et d'une jolie

église. Dans les étroites ruelles les habitants nous propo- sent d'excellents produits à des prix défiant toute concur- rence : fraises, miel ...Bien que touristique, la ville a con- servé toute son authenticité. Nous logeons au pied d'une allée qui fait penser à la Rambla de Barcelone, toutes pro- portions gardée. Le soir, elle se remplit de groupes qui la sillonnent dans un sens, puis dans l'autre.

Dans les alentours, il faut aller voir le site d'Apollonia, l'un des deux plus grands sites archéologiques d'Albanie, fondé au VIème siècle av JC par les grecs. A sa situa-tion, le fleuve Vjosa reliait la ville à la mer distante d'une dizaine de km, celle ci a compté jusqu'à 70 000 habitants. C'est à la suite d'un tremblement de terre qui dé-tourna le cours de la Vjosa au IIème siècle, que la ville commença à péricliter. La nature ayant peur du vide, au IXème siècle s'éleva une église orthodoxe, remplacée au XIIème par un monastère. En utilisant les matériaux laissés à l'abandon par les derniers habitants, on faisait d'une pierre deux coups. Et nous aussi par la même oc-casion.

A une douzaine de km au nord, on peut aller visiter le monastère d'Ardenicës à l'intérieur duquel, on peut voir de très belles fresques, notamment un Jugement der-nier effectué par les frères Zografi en 1743. Si la visite est gratuite, comme dans tous lieux orthodoxes, malheureusement, ici bizarrement, il est interdit de prendre des photos. Un peu plus loin, on peut aller manger un plat de poisson dans un des nombreux restaurants du parc de Divjakë-Kara- vasta, mais il vaut mieux y aller couvert et s'être badigeonné à l'avance de répulsif pour moustiques. Ils sont nombreux et parti culièrement féroces, même au mois d'Avril. Nous voulions manger au célèbre Divjaka fish resto, mais étant donné la longueur de la queue, nous avons trouvé de quoi nous satisfaire une peu plus loin. On peut monter sur une tour qui domine la canopée, on évite les moustiques. Ou faire une des randonnée proposées sur les marais pour plonger dedans.

Si on préfère une nature moins piquante, il vaut mieux prendre la route qui suit la rivière Lumë i Osumit à l'est de Berat. Arrêtez vous comme nous dans le petit resto sur la place principale d'un village, à Çorovodë par exemple, où l'on vous montrera ce qu'il y a à manger dans les cas-seroles parce qu'on ne se comprendra pas. Il vous en coûtera à peine 10€ à 2. Ceci dit, c'est à peine moins cher que ce qu'on paie dans ce pays. Et c'est plutôt bon. Vous serez à mi-chemin des gor- ges dont vous pouvez juger de la profondeur agrandissant la pho- to ci jointe. Vous pourrez y voir un canoë qui descend le cours de rivière. Plus loin, vous trouverez descendre vers un petit café et balader au fond de la gorge.

Le lendemain matin, dans un village, nous sommes retardés dans un village par un défilé qui nous empêche de passer; il se termine par une ronde effrénée au son des instru-ments de musique locaux. J'apprends qu'il s'agit du carnaval local.

En Albanie, l'essence est à 1,60€ contre 2€ en France...étonnant non ?

Puis nous voilà partis définitivement de Berat pour Saranda tout au sud en bord de mer par la route longeant la "Riviera albanèse" à partir de Vlora, une ville qui fait penser à la Défense, sauf qu'ici, ce sont les touristes consommateurs de plages et de soleil qu'on entasse dans les buildings. Comme ailleurs, ici la côte est montagneuse mais la route est belle puisqu'on a éliminé la roche qui gênait à coups de dynamite. En route, nous nous ar-

rêtons à Dhermi, côté bourg, à flan de montagne, plutôt que côté plage. En grimpant les ruelles pavées et les escaliers qui serpentent entre les vieilles maisons en pierre du village, on arrive à un monastère à l'inté-rieur duquel survivent des fresques du XVIIIème siècle; certaines d'en-tre elles représentent le supplice qu'inflige un diable aux pêcheurs choi-sis pour atterrir

en enfer au jugement dernier.

La ville de Saranda est une station balnéaire qui n'a aucun intérêt sinon celui d'être proche du site archéologique de Butrint, le 2ème plus grand site archéologique d'Albanie, mais également pas très éloigné de la ville de Gjirokastër, plus

à l'intérieur des terres. En allant vers Butrint, on se rend

rend compte qu'on ne chaûme pas dans le coin et que l'été sera chaud. Le site fut initialement habité depuis au moins l'âge de bronze, suivant le témoignage de fortifications datant de cette période. Comme Apollonia, Butrint prit son essor au VIème siècle av. JC, sem-ble-t-il, grâce à la présence d'un temple dédié à Asclépios, le dieu grec de la Médecine,

qui attirait tous les estropiés de la région. C'était également un port actif contrôlant le trafic maritime. Par la suite, ce sont les romains qui prirent le relai au 1er siècle av.JC, puis Byzance à la chute de l'empire romain, Venise au XIVème; bref le site eut une vie particulièrement mouvementée.

A notre arrivée, nous sommes accueillis par de jolies petites hirondelles qui semblent croisées avec des rouges gorges. Mais ça fait tellement longtemps que je n'en ai pas vu que peut-être qu'elles sont semblables à celles que j'ai connu dans mon enfance.

En tout cas, celles ci sont pleines de vie et c'est tout à fait compréhension étant donné la beauté de ce cadre. Sur le parcours un peu marécageux mais sans moustiques, les grenouilles s'en donnent également à coeur joie. On fait le tour des fortifications qui bordent la baie, à l'intérieur desquel-les se dresse une colline boisée qui abrite les principaux vestiges de ce passé mouvementé.

une de ces hirondelles à la rouge gorge le théâtre grec remanié par les romains porte des fortifications avec un médaillon la basilique du VIème siècle

représentant un lion tuant un taureau

Le lendemain matin, nous partons visiter Gjirokastër, une ville au passé également mouvementé située à 55km de Saranda dans les terres, au milieu des montagnes. D'ailleurs la ville est elle même étagée, à flan de colline. Non loin se trouvent les ruines peu intéressantes d'Antigonie fondée au IIIème av.JC . La ville ne prit cependant son essor qu'à la pé-riode byzantine, puis tomba sous le joug ottoman. En 1811, Ali Pacha de Tepelen s'en empare et en fait un foyer de résistance contre les turcs. D'où les maisons fortifiées malgré la protection de la citadelle. Si j'ai trouvé décevante la visite de cette dernière, sauf pour le point de vue, et regretté que les tours operators n'aient pas oublié cette étape, heureu-sement quand on s'éloigne un peu des quelques rues où se condensent les touristes, la balade vers les hauteurs où sont les principales maisons à visiter est exceptionnelle. Il ne faut surtout pas louper la maison Zekate qui domine la quasi totalité de la ville et la mai- son Skënduli un peu plus bas, plus intéres- sante mais dont on ne peut photographier la pièce de réception (réservée aux hommes). Ce sont de vraies forteresses organisées pour résister à tout type d'attaque.

vue sur la ville depuis la citadelle touristes en goguette la salle de réception de la maison Zekate

Si on est dans le coin, autant aller voir la belle église byzantine du village de Labovë. Nous avons eu la chance de tomber sur la dame qui détient les clés et repartait avec d'autres visiteurs. Elle est revenue nous ouvrir l'église du Vème siècle, et nous avons pu prendre

notre temps pour admirer ses belles fresques de Konstantin Shpataraku, peintre renommé. Puis en revenant vers la grande route, quelques kms plus bas, nous nous sommes arrêtés au village de Li-bohovë pour embrasser ce platane millénaire qui aurait une envergure de 25m.

Après une dernière nuit sur la riviera, nous partons pour Korcë, 220km au Nord-Est, à proximité de la Macédoine, en passant par le canyon de Langaricë, dans le parc de Benjë–Novoselë, quelques kms après Përmet. Encore une chance de venir ici maintenant car on s'active sérieusement d'aménager un

immense parking à l'entrée du canyon pour accueillir les tour operators qui voudraient faire profiter leurs clients des sources sulfu-reuses à l'entrée du canyon, avant d'aller prendre une collation bien méritée après cet effort. Visiblement il y aura bientôt la queue pour tremper son pied dans l'un des bassins et pour pénétrer dans le canyon. Pour l'instant c'est toujours possible d'en profiter gra-tuitement et sans le barnum qu'on peut imaginer. Si l'on fait fi de l'odeur, se baigner dans l'eau quasiment à la température du corps

de l'une des 4 piscines à l'entrée du canyon procure une sensation très agréable. Mais il faut aussi garder un peu de temps pour explorer ce canyon qu'on peut remonter sur 6-7 kms. Au début du canyon, parfois l'eau devient plus bleue et une odeur de soufre s'en dégage. Au fur et à mesure qu'on avance les parois se resserrent et on doit marcher dans l'eau, mais jamais sur plus de 40cm.

Quand on reprend la route pour Korcë, on traverse une campagne authentique comme on les aime, avec des bottes de foin à l'ancienne, au milieu des montagne enneigées.

Korcë est une ville agréable où séjourner, avec son doux climat à 850m d'altitude, entouré de montagnes, de nombreux espaces verts et pas mal de choses à faire dans la ville et aux alentours : des églises byzantines à Voscopojë (ou Moscopone) et ailleurs, des lacs. A Korçë, il faut absolument aller voir le musée d'art médié- val logé dans un bel espace moderne. Y sont exposés 7000 objets artistiques et culturels, dont notamment des icônes des XIIIème et XIVème siècle, mais également de grands peintres des siècles suivants : Onufri, Shpataraku, Selenica, et les frères Zonafri. A l'entrée, des audio permettent

d'avoir les explications nécessaires des principales oeuvres de salle en salle.

Nous logions près du quartier du vieux bazar qui n'a plus rien d'un vieux bazar puisque ce quartier a été rénové pour attirer les touristes. Du coup, les marchands sont allés voir ailleurs et les magasins ont laissé la place aux bars, restos et magasins de souvenirs tous identiques. Aussi dans la jour-

née, seuls quelques touristes y circulent au risque de perturber le sommeil des chiens qui s'y prélassent. Ce n'est qu'en fin de journée que ça s'anime, quand les terrasses occupent l'espace. Tout ça n'a pas l'air de faire plaisir à cette commerçante qui a proba-blement plus de difficulté pour vendre ses olives depuis qu'elle a été déplacée en un endroit excentré. 

A vrai dire, ça n'en était que plus frustrant quand nous constatâmes que les autres églises étaient fermées.La frustration fut cependant largement apaisée au déjeuner, à l'hôtel-restaurant Ambassador, à recommander sans modération : Au début, vu le cadre, le maître d'hôtel qui nous accueillit avec empresse-ment dans le resto vide à 14h, j'étais plutôt rébarbatif. Mais au vu de la carte, prix corrects, cuisine régionale, pourquoi pas. Et finalement tout était génial : la qualité des plats ex-ceptionnelle, la quantité, le service efficace,

l'église de la dormition de la vierge

l'église St Nicolas

Le lendemain, nous partons pour visiter les abords du lac Prespa, à une vingtaine de kms de Korcë, partagé entre l'Albanie, la Macédoine et la Grèce. Entouré de monta-

pour qu'elle rencontre la serrure. Pendant ce temps, dans un square à côté, les parties de dominos battaient leur plein. L'église du XIVème siècle n'est pas bien grande mais les fresques qu'elle abrite sont exceptionnelles, notam-ment les châtiments de l'enfer qu'on a déjà vu ailleurs, mais plus nombreux et plus inventifs ici. Ils satisferont les sado-maso les plus exigeants.

nes enneigées, il a fière allure avec son ilot rocheux qui abrite une petite église orthodo-xe de style byzantin du XIVème siècle, en partie troglodyte. Ses fresques seraient excep-tionnelles mais la location d'un bateau est dissuasive et nous avons fait le plein d'églises pour quelques jours. Dans l'immédiat, nous préférons les nourritures terrestres. Après un excellent déjeuner de poissons sur la terrasse du Bar Restorant "Kristi" (tek Spiro) pour une dizaine d'euros par personne, en compagnie de chats et d'un coq qui devait se prendre pour le chef de la bande, nous partons faire une balade sur les bords du lac.

Au XVIIIème siècle, avec plus de 30 000habitants, Moscopone (Voscopojë) était la capitale chrétienne des Balkans. Aujourd'hui elle ne compte plus que 2 000 habitants, mais elle

a conservé l'essentiel; la plupart de ses églises. Malheureusement, toutes ne sont pas ouvertes en cette saison. Ainsi l'église de la dormition de la vierge était fermée. Par contre, à l'église St Nicolas le pope était dans là et nous pûmes la visiter. Les fresques datent du XVIII ème siècle; certaines sont des frère Zografi, d'autres de David Selenika.

et même sympathique, et tout ça pour une douzaine d'euros par personne avec un verre de vin, le café et le dessert offert. Heureusement il nous restait un zeste de frustration, quand nous prîmes le chemin du retour pour aller visiter l'église de la résurrection du christ à Mborje, à moins de 2 km de Korcë. Là aussi nous trouvâmes porte close. Après renseignement, on nous dit qui avait la clé du paradis. Mais il nous fallut une bonne heure

On ne sait jamais, peut-être trouverons nous un bateau moins cher. Il n'y a qu'un couple de pêcheurs qui affrètent leur barque et ont visiblement d'autres choses à faire que nous emmener. Du coup voyant un chemin qui longe le bord du lac, je le suis, avec l'espoir d'arriver à un ermitage que l'ai repéré sur google. Sur le chemin, je vois différents oiseaux : un couple de cormorans, quelques pélicans un peu trop loin ou qui s'enfuient un peu trop vite. Et puis mon couple de pêcheurs qui rament au milieu du lac. L'ermitage, aux abords d'une plage caillouteuse n'a aucun intérêt sinon celui de se dégourdir les jambes sur quelques kms dans les rochers. Et c'est là que je vois débarquer mon couple de pêcheurs. Je prends quelques photos de loin. Comme ils s'intéressent plus à leurs casiers qu'à moi, je m'en approche et j'en prends d'autres.

Le lendemain matin, nous prenons la route pour Krujë, la ville où Skanderberg, le héros national, organisa la résistance aux envahisseurs ottomans au XVème siècle. Sa vie roma-nesque inspira un poème à Ronsard et un opéra à Vivaldi. Il fut dans sa jeunesse otage des turcs, dut se convertir à l'islam et s'engager dans leur armée, avant de pouvoir profiter

d'une défaite turque contre les serbes pour échapper à ses geoliers. Il réunit alors les diverses tribus albanaises, résista plus de 20 ans et remporta 13 victoires sans défaite contre son puissant ennemie avant de succomber à la malaria.

Krujë est 40km au Nord-Ouest de Tirana, soit à environs 200km de Korcë par des rou-tes où il est difficile de rouler à plus de 70km/h. Aussi nous faisons plusieurs arrêts, dans la campagne d'abord. Ce qui me permet de faire la banale mais amusante constata-tion que les albanais n'ont pas le même type de relation avec leurs animaux que nous,

notamment avec les vaches. Comme vous pouvez le voir ci dessus, il n'est pas rare de les voir se promener avec une chèvre ou une vache au bout d'une laisse, comme nous le faisons nous avec un chien. Il faut dire que si on voit des troupeaux de chèvres, on n'a jamais vu plus de 2 vaches ensemble dans les champs albanais. L'explica-tion réside dans le fait qu'ici les paysans n'ont généralement pas de quoi s'acheter plusieurs vaches comme ils ne peuvent se mécaniser comme nous. Ils n'ont généra-lement qu'une vache qu'ils soignent comme un chien chez nous et font des bottes de foin à l'ancienne, alors qu'on les entoure de plastique dans nos campagnes.      Nous arrivons à Elbasan pour déjeuner et nous allons tout droit nous installer sur la terrasse du Kristoforidhi Breakfast Restauran, près des remparts, que j'avais repéré sur google où je prends un excellent plat traditionnel local (tave kosi) à 5€ et un verre de vin à 1€.  Avec les cafés, nous en avons pour moins de 20€ à 2 et repartons avec un dolly bag. 

est gratuite; seuls sont payants les musées. Etant donné que nous étions à la fin de notre voyage en Albanie, nous n'avons pas fait la queue pour voir le musée Skanderbeg établi dans la massive réplique d'un château médiéval.  En dehors de la vue splendide, le princi-pal intérêt pour nous résidait dans le tekke du XVIIIème siècle, qui, pour les bektachis  est un lieu de prière où sont enterrés les plus grands derviches de cette religion. Fondé au XIIIème siècle, le bektachisme est assez répandue en Albanie (voir notre sauveur du 1er jour), et s'inspire à la fois du coran et de la bible pour fonder un courant soufiste du chiisme. Pour y aller, il faut prendre la ruelle qui descend au dessous du musée ethnographique qui mérite également une visite. Enfin, on peut aller faire un tour au bazar au pied de la citadelle, mais il doit être difficile d'y circuler en haute saison. 

Krujë est une ville construite en haut d'une colline et la citadelle se situe en son sommet. C'est une ville suffisamment grande et des rues suffisamment étroites et tortueuses pour créer des embouteillages monstres. En tout cas, c'est ce qu'on peut imaginer quand on voit la taille des parkings et des hôtels aux abords de la citadelle. En Avril, il n'y a pas encore trop de monde, mais on peut penser que les hordes de pensionnaires de tours operators se déversent à longueur de journée en haute saison. L'entrée de la citadelle 

le musée ethnographique

le tekke bektachiste

l'ancienne tour de gué

le bazar

En sortant de cette citadelle, nous partons rejoindre notre dernière étape, Shkodër (ou Shkodra) qui nous rapproche du Montenegro d'une centaine de kms. Nous arrivons juste

sous la pluie pour déjeuner à la Baraca, un petit resto qui ne paie pas de mine mais qui sert de bons plats de poisson. En sortant, comme il ne pleut plus, nous faisons un rapide tour de la ville avant que la pluie ne revienne. Nous n'avons eu le temps de voir d'intéressant que ce monument dont nous cherchons encore ce qu'il commémore. Comme en fin de journée, la pluie s'est calmée, je vais voir le très beau pont ottoman ci dessous, à quelques kms au nord de la ville. En ce moment c'est notre période citadelle; alors profitons qu'il y en a une ici perchée à la sortie de la ville sur la seule colline alentour. Normal, il y a essentiellement de l'eau; la rivière que vous voyez ci dessous est le résultat de la rencontre de 2 autres rivières et d'un lac. Aussi, on musarde sur les remparts de cette imposante citadelle d'où l'on peut voir le lac et les rivière, mais aussi les bâtiments intérieurs comme l'église St Etienne du XIIIème siècle, et la mosquée de plomb(*) que nous irons voir de plus près au bas de la colline avant de prendre la direction du Montenegro. Mais ceci est une autre histoire que vous pourrez suivre en allant voir la page Montenegro

(*) Elle est ainsi nommée car ses dômes sont en plomb.

le pont ottoman

l'église St Etienne de la citadelle

la vue sur la Buna

la mosquée de plomb

l'endroit et l'envers